La richesse de la musique malagasy tient en grande partie à la diversité de ses instruments traditionnels. Chacun d’eux raconte une histoire : celle des migrations humaines, des échanges commerciaux, des croyances spirituelles et des pratiques sociales de Madagascar. De la délicate valiha aux percussions envoutantes du hazolahy, voici un voyage à travers le patrimoine instrumental de la Grande Île.
La valiha : la harpe nationale malagasy
La valiha est sans doute l’instrument le plus emblématique de Madagascar. Il s’agit d’un instrument à cordes tubulaire, traditionnellement fabriqué à partir d’un segment de bambou sur lequel des cordes sont tendues longitudinalement. Ces cordes, autrefois en fibres végétales arrachées directement du bambou, sont aujourd’hui le plus souvent en métal fin, ce qui enrichit la résonance et la durée des sons.
On la retrouve principalement dans les hautes terres malgaches, notamment dans la région de l’Imerina. Elle est associée aux rituels, aux cérémonies royales et à la méditation. Jouer de la valiha est un art qui demande une grande dextérité : le musicien tient le tube verticalement ou en diagonale et pince les cordes avec les deux mains simultanément, créant des mélodies harmoniques complexes.
Des musiciens contemporains comme Rajery ont contribué à faire rayonner la valiha sur la scène mondiale, la mêlant à des influences jazz, classiques et world music.
Le kabosy : la guitare du sud malagasy
Le kabosy est un instrument à cordes pincées, sorte de luth à manche court, d’origine arabe. Introduit à Madagascar par les commerçants du Moyen-Orient, il s’est parfaitement intégré dans la musique du sud de l’île, notamment dans les genres tsapiky et salegy. Son corps est souvent fabriqué artisanalement en bois local, et il se joue avec un plectre ou directement avec les doigts.
La modernisation du kabosy est un phénomène intéressant : dans le tsapiky actuel, les musiciens utilisent des guitares électriques qui reproduisent et amplifient les gammes et ornements caractéristiques du kabosy traditionnel, créant un son unique qui a séduit les amateurs de musique du monde entier.
Le marovany : le coffre aux mélodies
Le marovany est une cithare en boîte rectangulaire, aux cordes métalliques tendues des deux côtés du coffre. Instrument à double face, il permet au musicien de jouer simultanément sur deux registres différents. Particulièrement répandu dans le sud et le sud-ouest de Madagascar, le marovany est souvent associé aux cérémonies de transe et de guérison.
Sa fabrication est un art en soi : le bois doit être soigneusement choisi pour sa résonance, les cordes accordées avec précision selon des intervalles propres à la tradition musicale régionale. Le son du marovany, métallique et hypnotique, est immédiatement reconnaissable.
Le jejy voatavo : le monocorde de calebasse
Le jejy voatavo (littéralement « instrument à corde de calebasse ») est un monocorde dont la caisse de résonance est constituée d’une calebasse évidée. C’est l’un des instruments les plus anciens et les plus épurés de Madagascar. Il n’est généralement joué que par des initiés et dans des contextes rituels spécifiques, notamment dans les cérémonies de possession tromba.
Sa simplicité apparente cache une technique d’une grande subtilité : en variant la pression de la calebasse contre la poitrine ou l’abdomen, le musicien modifie la résonance et crée des harmoniques différents. C’est un instrument de méditation autant que de performance.
Les percussions : le langage du rythme
Les instruments de percussion occupent une place centrale dans la musique des régions côtières de Madagascar. Parmi eux :
- Hazolahy : grand tambour en bois creusé, utilisé lors des cérémonies et des rassemblements communautaires.
- Langoroany : ensemble de bambous percutés, présent dans la musique Antandroy du grand sud.
- Antsiva : corne soufflée, instrument à vent utilisé comme signal sonore et lors des rituels.
- Sodina : flûte traversière en roseau ou en bambou, présente dans les hautes terres.
Ces instruments dans la musique contemporaine
Aujourd’hui, ces instruments traditionnels connaissent un regain d’intérêt, aussi bien à Madagascar qu’au sein de la diaspora malagasy. Des artistes comme Rossy, Niu Raza ou Samoela intègrent régulièrement des éléments instrumentaux traditionnels dans leurs compositions modernes. Ce dialogue entre tradition et modernité est au cœur de ce qui rend la musique malagasy si vivante et si singulière.
Pour les membres de la diaspora qui souhaitent reconnecter avec cet univers musical, développer sa voix et ses capacités vocales est une première étape essentielle. Consultez nos conseils sur comment améliorer sa voix pour mieux chanter et sur les techniques vocales pour débutants.
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